Le Développement durable c'est quoi?


La définition la plus communément admise est celle du rapport Bruntland de 1987 : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs».

Ainsi, c’est une façon un peu différente de concevoir le développement de la planète, qui doit permettre de trouver un équilibre entre :

  • une société juste et équitable pour tous
  • un système économique prospère pour le bien-être de tous
  • une planète en bonne santé à long terme

L’approche en 3 dimensions (Social-Economie-Environnement) du développement durable en fait une notion qui peut paraître un peu complexe à comprendre dans son ensemble. Pourtant, tous les sujets de préoccupation de nos sociétés, de la santé à la gestion de l’eau en passant par l’alimentation et les achats, la lutte contre le réchauffement de la planète, l’éducation… tous sont concernés car ils ont souvent des répercutions dans au moins deux de ces trois domaines : environnemental, social et économique.


Historique

1972 - Conférence de Stockholm

La Conférence des Nations Unies sur l’Environnement Humain crée la notion d'éco-développement. Elle insiste sur la nécessité d’intégrer l’équité sociale et la prudence écologique dans les modèles de développement économique du Nord et du Sud.
Années 80 - Prise de conscience publique

Le grand public prend conscience des grands bouleversements des équilibres naturels : pluies acides, trou dans la couche d’ozone, effet de serre, déforestation, désertification, catastrophes industrielles (Tchernobyl, Seveso, etc). La société civile se rend compte qu’il est urgent d’instaurer une solidarité planétaire.
1987 - "Notre avenir à tous"

La Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement (dite aussi commission Brundtland) publie un rapport intitulé «Notre avenir à tous». Ce document définit la politique nécessaire pour parvenir à un développement durable.
1992 - Conférence de Rio

Cette Conférence mondiale des Nations-Unies sur l'environnement et le développement réunit 178 états à Rio de Janeiro (Brésil). La communauté internationale en alerte adopte notamment la Déclaration de Rio ainsi que l’ Agenda 21 mondial : vaste programme d'actions visant à mettre en œuvre le développement durable pour le 21 siècle.
1997 - Protocole de Kyoto

180 pays signent le protocole de Kyoto. Dans ce document, 38 pays industrialisés s'engagent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012 à des niveaux inférieurs de 5,2 % à ceux de 1990.
2002 - Sommet de Johannesburg

Lors du Sommet de Johannesburg (Afrique du Sud), plus de cent chefs d'États, plusieurs dizaines de milliers de représentants gouvernementaux et d'ONG (Organisations non gouvernementales) adoptent un traité sur la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité.
2009 - Conférence de Copenhague

Bien que considérée par beaucoup comme un échec, la Conférence de Copenhague a débouché sur un accord non contraignant dans lequel les Etats reconnaissent les changements climatiques comme le plus grand défi auquel l'humanité est confontée. La communauté internationale s'est fixé pour objectif de ne pas dépasser une hausse de la température globale de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, ce qui implique la réduction massive des gaz à effet de serre. Le texte de l'ONU ne prévoit par contre aucun objectif chiffré.

Rendez-vous est pris pour entériner un accord contraignant lors de la 16e conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui se tiendra à Mexico du 29 novembre au 10 décembre 2010...
Principes

Equilibre entre ECOLOGIE, ECONOMIE et SOCIAL : penser TRANSVERSAL !!

Considérant que le seul profit économique est loin de satisfaire les besoins essentiels des communautés humaines, le concept de développement durable intègre des exigences de respect de l’environnement et d’amélioration de l’équité social. Ainsi un développement durable doit être :

  • équitable pour les sociétés
  • vivable pour l’environnement de la planète (ne pas piller les ressources naturelles, ne pas produire trop de déchets…)
  • viable d’un point de vue économique  

> Par exemple, privilégier l’achat de produits régionaux et de saison peut être favorable à l’économie locale (soutien des agriculteurs), plus respectueux de l’environnement (transporter des pommes de la campagne vaudoise à Neuchâtel pollue moins que de faire venir des ananas du Costa Rica), et plus sûr pour la santé (meilleurs contrôles agro-alimentaires). 
Penser GLOBAL, agir LOCAL

Notre façon d’agir ici (ce qu’on consomme, comment on se déplace etc…) a une influence sur l’ensemble de la planète. Il est donc essentiel de prendre en compte les répercutions de nos actes à l’échelle du monde entier.

> Les gaz d’échappement des voitures circulant à Neuchâtel contribuent au réchauffement climatique qui touche la planète toute entière.
Penser DEMAIN, agir AUJOURD’HUI

Nos actions aujourd’hui ont des conséquences sur l’avenir de la planète. Des actions à court terme, visant un profit immédiat, sont peut-être synonymes d’économies financières si on considère les 10 prochaines années, mais peuvent coûter très cher aux générations futures, dans 50 ou 100 ans.

> La forêt amazonienne stabilise le climat de la planète. Elle est en train d’être détruite notamment par le développement de la culture du soja qui entre dans la composition d’un grand nombre de nos aliments. Les dégâts causés risquent de gravement affecter les générations futures.
Permettre la PARTICIPATION de tous

L'un des principes phares du développement durable est l’engagement de tous dans les processus décisionnels. Une décision ne saurait revêtir un caractère social si elle n’est le fruit que de quelques uns et n’intègre pas les intérêts des uns et des autres.

> Le projet Anim’action mené dans le cadre de l’Agenda 21 de la Ville de Neuchâtel offre aux habitants d’un quartier la possibilité d’élaborer des solutions concrètes d’amélioration de leur cadre de vie.
AMELIORER continuellement

Parce qu’il est absolument impensable de modifier du jour au lendemain le fonctionnement de nos sociétés, il est indispensable d’avancer progressivement, avec des objectifs ambitieux mais réalistes.

> La Stratégie suisse pour le développement durable propose un programme d'actions comprenant 30 mesures relevant de 11 domaines thématiques différents pour la période 2008-2011. »»»
Développement durable en Suisse

Engagement suisse à Rio en 1992

Lors de la Conférence de Rio de 1992, sur l’environnement et le développement, la Suisse s’est engagée, aux côtés de 178 autres Etats, à définir et à mettre en œuvre une politique de développement durable aux niveaux national et international.

Pour donner suite à cet engagement, le Conseil fédéral a créé le Comité interdépartemental de Rio (Ci-Rio), devenu «Comité interdépartemental pour le développement durable (CIDD)» en octobre 2004. Cet organe a pour tâche de coordonner les politiques de la Confédération dans le domaine du développement durable
Le développement durable dans la Constitution

En 1999, la Suisse a ancré le développement durable dans la Constitution fédérale. L'article 73 indique notamment que la Suisse «oeuvre à l’établissement d’un équilibre durable entre la nature, en particulier sa capacité de renouvellement, et son utilisation par l’être humain» .

 
Les stratégies de la Confédération pour le développement durable

Suite à cela, le Ci-Rio a élaboré en 2002 une stratégie visant à intégrer les principes du développement durable au plus grand nombre possible de politiques sectorielles de la Confédération. Renouvelée en 2007, cette stratégie comprend aujourd'hui les lignes directrices de la politique fédérale ainsi qu'un plan d'action pour la durée de la législature en cours (2008-2011). Infos »»».

Les cinq lignes directrices de la stratégie pour le développement durable de la Confédération sont les suivantes:

  1. Se responsabiliser face à l'avenir signifie promouvoir le principe de précaution, le principe du pollueur payeur et le principe de responsabilité.
  2. Prendre en compte les trois dimensions de manière équilibrée implique que les trois domaines "repsonsabilité environnementale", "capacité économique" et "solidarité sociale doivent être traités à égalité.
  3. Intégrer le développement durable dans tous les domaines politiques signifie que toutes les activités et processus du Conseil fédéral et de l'administration fédérale doivent être considérés.
  4. Accroître la coordination entre les domaines politiques et améliorer la cohérence: toute décision politique à grande portée doit être précédée d'une évaluation précoce de ses conséquences sociales, économiques et écologiques.
  5. Atteindre le développement durable par le partenariat: tous les niveaux institutionnels (cantons, communes, Confédération) doivent collaborer de manière constructive et assumer pleinement leur rôle d'interface avec la société civile et le secteur privé.

Le soutien des Agenda 21 locaux

Les principes de la stratégie pour le développement durable ne pouvant se réaliser qu'en impliquant les représentants des groupes d'intérêts concernés, aux niveaux national, cantonal, régional et local, un programme d'encouragement a été créé par la Confédération.

Le programme d'encouragement soutient des actions qui contribuent à la mise en oeuvre du développement durable en Suisse, au niveau communal, régional ou cantonal. Ces actions doivent être innovatrices et avoir valeur d'exemples. Depuis la création du programme à l'ARE en 2001, plus de 200 projets ont bénéficié d'un soutien financier, dont 31 en 2008. Malgré les coupes budgétaires, le Programme se poursuit en 2010.